Le Vinaigre de Grenarde

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L’église Mor Gabriel est entourée d’arbres centenaires, certains millénaires. Elle donne, aux visiteurs, l’impression qu’elle a été construite au milieu des arbres habitant là depuis toujours et non le contraire, construction de l’église puis plantation des arbres. Parfois, le prêtre se risque à dire que son église est le premier édifice chrétien; cela lui procure un sentiment agréable.

Les petites fleurs rouges vifs du grenadier célèbrent l’existence et la résistance de ce petit village d’Antioche, étoiles descendues sur la Terre pour fêter l’évènement. La vie même de ce village est une dissidence! Les chants araméens qui raisonnent dans l’église ont une teinte rouge empruntée aux fleurs des grenadiers. L’araméen est une langue mythique, mystique, apaisante, lointaine et qui vient des profondeurs de la solitude. C’est la langue des poètes et des ermites.

La grenade fait partie des sept fruits sacrés de la Mésopotamie parmi le coing, la datte, la pomme, la figue, le raisin et l’olive.

Les hommes prennent leurs couteaux à lame forgée et à poignée de laurier pour ciseler l’écorce du fruit, puis ils fendent en deux le fruit. Les femmes tapotent sur le côté du fruit fendu, où l’écorce est encore présente, avec de petits bâtons taillés dans du bois de cèdre; les grains tombent alors dans un récipient en cuivre, puis ils sont transférés dans une cuvette de marbre. Les jeunes filles, les pieds lavés sept fois, écrasent les grains avec leurs pieds nus. Le labeur est accompagné du chant des jeunes filles et des prières, en araméen, scandées par le prêtre qui conduit les travaux confiés à lui par Dieu.

Une fois le jus extrait des grains, les hommes le mettent sur le feu dans des chaudrons préparés en écoutant les chants des jeunes filles. Sur la surface, une écume rose qui est enlevée avec des louches-passoires et conservée dans des pots afin d’être utilisée pour la coloration des fils à tapis.

Après un temps de cuisson, le jus devient consistant et est alors mis au repos dans des pots en terre. La fermentation est soigneusement surveillée par le prêtre. Lorsque le prêtre décide que le vinaigre est arrivé à maturité, il est mis en bouteille. Certains vinaigres sont prêts à être consommé dans l’année de la confection, d’autres pas. Ces décisions relèvent de la compétence du prêtre.

Vakif Cagin

L’église Mor Gabriel est entourée d’arbres centenaires, certains millénaires. Elle donne, aux visiteurs, l’impression qu’elle a été construite au milieu des arbres habitant là depuis toujours et non le contraire, construction de l’église puis plantation des arbres. Parfois, le prêtre se risque à dire que son église est le premier édifice chrétien; cela lui procure un sentiment agréable.

Les petites fleurs rouges vifs du grenadier célèbrent l’existence et la résistance de ce petit village d’Antioche, étoiles descendues sur la Terre pour fêter l’évènement. La vie même de ce village est une dissidence! Les chants araméens qui raisonnent dans l’église ont une teinte rouge empruntée aux fleurs des grenadiers. L’araméen est une langue mythique, mystique, apaisante, lointaine et qui vient des profondeurs de la solitude. C’est la langue des poètes et des ermites.

La grenade fait partie des sept fruits sacrés de la Mésopotamie parmi le coing, la datte, la pomme, la figue, le raisin et l’olive.

Les hommes prennent leurs couteaux à lame forgée et à poignée de laurier pour ciseler l’écorce du fruit, puis ils fendent en deux le fruit. Les femmes tapotent sur le côté du fruit fendu, où l’écorce est encore présente, avec de petits bâtons taillés dans du bois de cèdre; les grains tombent alors dans un récipient en cuivre, puis ils sont transférés dans une cuvette de marbre. Les jeunes filles, les pieds lavés sept fois, écrasent les grains avec leurs pieds nus. Le labeur est accompagné du chant des jeunes filles et des prières, en araméen, scandées par le prêtre qui conduit les travaux confiés à lui par Dieu.

Une fois le jus extrait des grains, les hommes le mettent sur le feu dans des chaudrons préparés en écoutant les chants des jeunes filles. Sur la surface, une écume rose qui est enlevée avec des louches-passoires et conservée dans des pots afin d’être utilisée pour la coloration des fils à tapis.

Après un temps de cuisson, le jus devient consistant et est alors mis au repos dans des pots en terre. La fermentation est soigneusement surveillée par le prêtre. Lorsque le prêtre décide que le vinaigre est arrivé à maturité, il est mis en bouteille. Certains vinaigres sont prêts à être consommé dans l’année de la confection, d’autres pas. Ces décisions relèvent de la compétence du prêtre.

Vakif Cagin