Les Bourgeons de Vigne

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Quelque part en Grèce

Le soleil avance en s’appuyant sur le sommet des montagnes habillées de velours de thym. Juste à l’endroit où la montagne pose ses pieds sur la plaine, la vigne en feuilles et en couleurs. Verte, bleue, violette, une touche de jaune solaire étincelle.

Les pieds de vigne sont agrippés au sol; les lianes en spirale tremblent en imitant les ailes des abeilles et mettent ainsi en valeur le silence empli de lumière blanche, rocheuse, avec leur vrombissement.

Elenie cueille les lianes de vigne que nous appelons « bourgeons ». Ils sont fait de petits bouquets qu’elle attache avec des brins de lavande. Un arôme se dégage des bouquets enivré par la transpiration d’Elenie.

Costas se réveille avec les rayons du soleil qui chatouillent son visage. Il avait fait du fromage le matin même et l’avait mis a reposer. Il s’était alors endormi en attendant que le soleil se lève dans le ciel pour que les carrés de feta puissent s’engorger de lumière avant d’être mis dans des peaux de chèvre préparées à cet effet.

Quelque part dans la campagne genevoise

Dans la campagne genevoise, les vignes, également. Bien entretenus, les pieds sont alignés, parfaitement droits. Si nous les observons trop longtemps, nous avons peur de perturber cette droiture, ces règles qui font de la vigne, en cet endroit, une vigne bien suisse.

La campagne genevoise est bien règlementée. Nous cueillons la liane de vigne avec Sandrine, nous en cueillons un bon kilo. Avec elle, nous osons la surprise, l’invention, la contemplation ; la cueillette sort alors des carcans que nous imposent les lignes droites des vignes plantées selon « les normes ».

Quelque par en Grèce

La feta s’est bien formée. C’est le moment de la couper, de la saler et de l’enfouir dans la peau de chèvre. Costas sort de sa poche le couteau fabriqué par le forgeron de Rhodes. La lame est rendue tranchante par le fer battu, chauffé à blanc durant un jour. Obligatoirement, le manche est en bois de laurier sauvage.

La lame coupe le fromage d’un blanc immaculé comme une langue de flamme… Fromage encore tremblant par endroit, il traduit une invitation… Elenie arrive avec les lianes de vigne dans le creux de son tablier comme si elle emmenait, avec elle, toute la plaine.

La pierre de marbre blanche creusée se trouve devant la maison. Elenie la nettoie, puis elle met les lianes dans le creux avant de les écraser en mélasse avec une pierre ronde. Elle pétrit les lianes, un arôme frais remplit la vallée.

Costas prend une partie du fromage et la verse sur le crémeux des lianes écrasées. Un brin de thym, un peu de basilic, des herbes aromatiques mystérieuses dont nul ne saura jamais la nature… Quelques épices venues d’Orient seront ajoutées également. Un pot d’huile d’olive à la main, Elenie la verse dans le mélange avec un geste que fait trembler le cœur de Costas.

La pierre ronde est encore en mouvement, mélangeant bien les épices, les lianes, le fromage et les herbes aromatiques. Le pesto est enfin prêt.

Quelque part dans la campagne lausannoise

Nous lavons nos lianes, les hachons et les mettons dans un récipient large et profond. Nous ajoutons de la féta de chèvre achetée en Suisse chez l’épicier kurde à Lausanne. L’huile d’olive que nous utilisons vient d’Italie. Elle a le goût des champs de coquelicots piétinés par les bœufs en liberté, cette race bovine abyssinienne devenue sauvage en Italie…

Des épices lointaines sont ajoutées, et des herbes aromatiques de notre jardin sont mélangées.

Nous stérilisons les bocaux en verre, puis nous les remplissons et fermons les couvercles. Le petit « clic » entendu nous indique la conclusion de la production. Tout peut donc continuer. L’infini s’ouvre alors à nous…

Vakif Cagin

Quelque part en Grèce

Le soleil avance en s’appuyant sur le sommet des montagnes habillées de velours de thym. Juste à l’endroit où la montagne pose ses pieds sur la plaine, la vigne en feuilles et en couleurs. Verte, bleue, violette, une touche de jaune solaire étincelle.

Les pieds de vigne sont agrippés au sol; les lianes en spirale tremblent en imitant les ailes des abeilles et mettent ainsi en valeur le silence empli de lumière blanche, rocheuse, avec leur vrombissement.

Elenie cueille les lianes de vigne que nous appelons « bourgeons ». Ils sont fait de petits bouquets qu’elle attache avec des brins de lavande. Un arôme se dégage des bouquets enivré par la transpiration d’Elenie.

Costas se réveille avec les rayons du soleil qui chatouillent son visage. Il avait fait du fromage le matin même et l’avait mis a reposer. Il s’était alors endormi en attendant que le soleil se lève dans le ciel pour que les carrés de feta puissent s’engorger de lumière avant d’être mis dans des peaux de chèvre préparées à cet effet.

Quelque part dans la campagne genevoise

Dans la campagne genevoise, les vignes, également. Bien entretenus, les pieds sont alignés, parfaitement droits. Si nous les observons trop longtemps, nous avons peur de perturber cette droiture, ces règles qui font de la vigne, en cet endroit, une vigne bien suisse.

La campagne genevoise est bien règlementée. Nous cueillons la liane de vigne avec Sandrine, nous en cueillons un bon kilo. Avec elle, nous osons la surprise, l’invention, la contemplation ; la cueillette sort alors des carcans que nous imposent les lignes droites des vignes plantées selon « les normes ».

Quelque par en Grèce

La feta s’est bien formée. C’est le moment de la couper, de la saler et de l’enfouir dans la peau de chèvre. Costas sort de sa poche le couteau fabriqué par le forgeron de Rhodes. La lame est rendue tranchante par le fer battu, chauffé à blanc durant un jour. Obligatoirement, le manche est en bois de laurier sauvage.

La lame coupe le fromage d’un blanc immaculé comme une langue de flamme… Fromage encore tremblant par endroit, il traduit une invitation… Elenie arrive avec les lianes de vigne dans le creux de son tablier comme si elle emmenait, avec elle, toute la plaine.

La pierre de marbre blanche creusée se trouve devant la maison. Elenie la nettoie, puis elle met les lianes dans le creux avant de les écraser en mélasse avec une pierre ronde. Elle pétrit les lianes, un arôme frais remplit la vallée.

Costas prend une partie du fromage et la verse sur le crémeux des lianes écrasées. Un brin de thym, un peu de basilic, des herbes aromatiques mystérieuses dont nul ne saura jamais la nature… Quelques épices venues d’Orient seront ajoutées également. Un pot d’huile d’olive à la main, Elenie la verse dans le mélange avec un geste que fait trembler le cœur de Costas.

La pierre ronde est encore en mouvement, mélangeant bien les épices, les lianes, le fromage et les herbes aromatiques. Le pesto est enfin prêt.

Quelque part dans la campagne lausannoise 

Nous lavons nos lianes, les hachons et les mettons dans un récipient large et profond. Nous ajoutons de la féta de chèvre achetée en Suisse chez l’épicier kurde à Lausanne. L’huile d’olive que nous utilisons vient d’Italie. Elle a le goût des champs de coquelicots piétinés par les bœufs en liberté, cette race bovine abyssinienne devenue sauvage en Italie…

Des épices lointaines sont ajoutées, et des herbes aromatiques de notre jardin sont mélangées.

Nous stérilisons les bocaux en verre, puis nous les remplissons et fermons les couvercles. Le petit « clic » entendu nous indique la conclusion de la production. Tout peut donc continuer. L’infini s’ouvre alors à nous…

Vakif Cagin